Le floc de la ferme de Gagnet, à Mézin, a remporté un prix d'excellence au Salon de l'Agriculture. Une récompense pour Marielle Lorenzon, et pour ses parents
Les mots lui manquent, mais le sourire ne décolle pas de son visage. Marielle Lorenzon a obtenu la consécration au dernier Salon de l'agriculture : le prix d'excellence du Syndicat du floc de Gascogne. « Une vingtaine d'agriculteurs ont eu cette récompense cette année. Nous nous sommes rendu compte que c'étaient de petites exploitations qui nous ressemblent », raconte la jeune lauréate. Des exploitations surtout familiales.
Ce prix ne récompense pas seulement un produit d'exception, mais surtout une régularité dans la qualité. « Cela fait trois ans de suite que nous avons un prix », rappelle fièrement l'agricultrice.
Elle a tout juste 22 ans quand elle reprend la ferme familiale avec son époux, David, en 1995. « Une suite logique », pour Marielle. Titulaire d'un BTS technico-commercial passé au lycée agricole de Sainte-Livrade-sur-Lot, elle et son mari ne tardent pas à imposer leur patte sur la ferme de Gagnet. « Nous n'avons plus de vaches, et davantage de vignes. »
Elle introduit également la lutte raisonnée pour traiter les vignes. « Je n'y croyais pas trop, à cette façon de faire, avoue son père, Maurice Tadieu. Mais elle a eu raison. » Des débats, dans cette famille de Gascons, il y en a eu ! « Je suis plus têtue que lui ! », avance Marielle. Et surtout, elle sait ce qu'elle veut. Aujourd'hui, elle se décrit autant chef d'entreprise qu'agricultrice. « Le projet de mes parents est devenu le mien. »
5e génération
Pour son papa, c'est un vrai bonheur de la voir diriger l'exploitation familiale. « C'est la 5e génération qui assure la conduite de la ferme de Gagnet. C'est le propre d'un agriculteur d'assurer la transmission de son bien », annonce fièrement ce conteur hors pair. Il se dit aujourd'hui en retrait. Mais c'est lui qui porte l'histoire familiale et celle de son produit phare, le floc de Gascogne. D'ailleurs, Marielle est née tout juste un an avant l'appellation « floc de Gascogne ». « On mélangeait déjà depuis les années 50 de l'armagnac avec du jus de raisin. Ce n'était jamais mauvais, mais rarement très bon », se souvient Maurice Tadieu.
Progressivement, une poignée d'agriculteurs se sont emparés du produit, l'ont transformé, lui ont apporté sa noblesse. En 1989, le floc décroche son AOC (Appellation d'origine contrôlée). « C'est un travail de rigueur pour que le produit garde sa qualité », explique Maurice Tadieu. C'est avec cette même rigueur qu'il a conduit la ferme de Gagnet et que Marielle et son époux ont pris la suite.
Aujourd'hui, leurs enfants, Guillaume et Raphaël, se servent de la ferme comme terrain de jeux. Avant d'en faire peut-être un jour leur terrain de vie.