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VIGNES ET VIN, FONCIER

Les belles propriétés attirent toujours les investisseurs

26.01.2010 / Gens du vin

 Les belles propriétés attirent toujours les investisseurs
Exemple de la famille Mottet, qui vient d'acquérir le Château La France en AOC Bordeaux

Du tour du monde à la barre de navires pétroliers de 15 000 tonnes à la direction d'un château de 71 hectares de vigne en AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, voilà le défi à relever par Bruno Mottet.

Sa famille vient d'acquérir le château La France (1), belle propriété de Beychac, à 20 kilomètres de Bordeaux. Cette exploitation, dont le vin jouit déjà d'une belle notoriété, dispose aussi d'un « vrai » château, qui est d'ailleurs ouvert à la location du public dans le cadre d'une démarche oenotouristique (2).

« De souche bordelaise, notre famille a toujours eu idée d'investir un jour ici, dans le vin. Après la visite d'une cinquantaine de propriétés, nous sommes tombés sous le charme du château La France », explique Bruno Mottet. Armateurs pétroliers depuis plusieurs générations, les Mottet ont vendu fin 2007 leur affaire installée à Bruges, en périphérie bordelaise. Rachetée par un groupe belge, elle occupait alors une trentaine de personnes au siège et exploitait 15 navires de transport de produits pétroliers.

Le Château La France appartenait depuis une vingtaine d'années à l'assureur Generali, qui a préféré se concentrer sur le château La Pointe (Pomerol) acquis il y a deux ans.

Baisse des prix du foncier

Cette arrivée des Mottet dans le monde du vin en 2009 illustre encore, si besoin était, qu'un marché existe toujours pour les belles propriétés viticoles. Sur des AOC prestigieuses mais aussi d'autres moins cotées, en Bordelais comme dans d'autres vignobles.

Et ce, malgré la mévente générale observée sur le vin - y compris les plus grands - depuis au moins un an et demi. Dans le Médoc, des crus classés et des crus bourgeois cotés sont en vente ; de même à Saint-Émilion. « En contact avec un riche Californien, il suffit de passer quelques coups de fil à des propriétaires pour s'apercevoir combien des dizaines d'entre eux sont prêts à vendre, et en étant arrangeants sur les conditions », indique un intermédiaire. « Mais mon contact attend que les prix baissent encore. » Des acheteurs chinois tournent aussi dans un vignoble où les prix du foncier ont effectivement baissé. « Autour de chez moi, je pourrais tout acheter, mais qui vendra le vin après ? », assure un vigneron des Graves. On connaît pourtant des visionnaires qui, en période de vaches maigres (1960-1970), ont construit des empires en achetant au plus bas...

Un coq de 12 mètres de haut

À Beychac, Bruno Mottet s'est quant à lui attelé au travail. « J'ai mis les fournisseurs en compétition pour réduire nos coûts, car il sera difficile de faire des miracles sur nos prix de vente. » L'enjeu est d'écouler 450 000 bouteilles sur le créneau des 6 à 8 euros.

Pour attirer du monde, l'homme frappera aussi un joli coup en 2010 avec l'installation sur place d'un coq de 12 mètres en inox poli, oeuvre de l'artiste Georges Saulterre. Quand on s'appelle La France, cela tombe sous le sens.

(1) À ne pas confondre avec le Château de France (AOC Pessac-Léognan) appartenant à la famille Thomassin.

(2) www.chateaulafrance.com

Figeac et Cheval Blanc en justice

Du nouveau sur l'épineuse question d'homonymies et autres contrefaçons concernant éventuellement des noms de châteaux prestigieux du Bordelais. Dans un arrêt du 24 novembre dernier, la Cour de cassation a cassé un jugement de la cour d'appel de Bordeaux du 9 juin 2008, concernant le litige opposant le château Cheval Blanc (cru classé de Saint-Émilion) à la marque Domaine Cheval-Blanc Signé, exploitée par le producteur Alain Signé, dans l'Entre-deux-Mers. Vainqueur en appel, ce dernier est débouté en cassation et l'affaire est à nouveau renvoyée devant la cour d'appel bordelaise.

Même renvoi en Gironde pour une affaire similaire concernant le château Figeac. Débouté en appel par une décision du 14 janvier 2008, cet autre cru classé de Saint-Émilion gagne en cassation (décision du 13 octobre 2009). Il est opposé aux marques Château Croix Figeac et Pavillon Croix Figeac.

De plus en plus d'affaires de ce type vont en justice, comme on l'a vu récemment avec le château Ducru-Beaucaillou (cru classé de Saint-Julien).



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